le faux silence des profondeurs.

Les cinéphiles s’en souviennent peut–être, en 1956 la palme d’or est attribuée à un film français cosigné par Louis Malle et Jacques Yves Cousteau : « le monde du silence ». Le titre du film, poétique et suggestif, concoure à son succès planétaire. Pourtant la formule est une escroquerie intellectuelle. Elle a laissé entendre au public du monde entier, que les océans sont des havres de paix.
C’est tout le contraire. Pendant des millénaires le fond des mers bruissaient déjà d’une multitude de sons. Celui des vagues qui roulent, des plaques tectoniques qui bougent, mélangés aux chants des baleines, aux clics des dauphins et au raclements d’écrevisses en migrations sur les fonds marins.
Mais depuis que l’homme a industrialisé la planète et plus encore depuis l’ère électronique, depuis que l’homme a envahi les mers, il règne sous l’eau une cacophonie assourdissante. Un capharnaüm acoustique infernal, inextricable maelstrom de fréquences alimentés par les sonars des pécheurs et des militaires; le fracas des activités portuaires; le vacarme des plateformes off-shore; les coups de canon de l’exploration pétrolière; sans compter bien sûr les centaines de million de moteurs de bateaux.
Michel André, patron du L.A.B (laboratoire d’Application Bio-Acoustique de l’Université de Catalogne) nous le confirme tristement. Dans la mer, il n’existe plus aucun recoin exempt de pollution sonore. Surtout que dans l’eau, le son se propage plus vite et plus loin que dans l’air.
Pour vous faire une petite idée, allez jeter un œil sur le mur d’images de la planète bleue. Vous y trouverez une carte des activités humaines en mer du nord extraite d’un rapport sur la pollutions sonore des océans. Même sans légende, c’est plutôt parlant.
La situation pour les cétacés, baleines et dauphins, est dramatique. Pour ces êtres ultra sensibles, l’ouï est plus que vitale. C’est l’élément premier qui permet de détecter leurs proies, de s’orienter, et de parler entre eux, notamment sur de très grandes distances.
la pollution sonore que l’homme inflige à tous les océans et toutes les mers du monde, couvre les fréquences utilisées par les mammifère marins, et les étouffes par un niveau sonore bien supérieur. Après des années d’incompréhension, de nombreux chercheurs estiment aujourd’hui que les mystérieux échouages de baleines seraient dû à la pollution sonore.
C’est comme si un peu chez vous, un camion traversait votre salon toutes les 10 minutes; un marteau piqueur vous accompagnait lors de vos repas; et un arbitre de foot sifflait au milieu de vos conversations et autres ébats amoureux.
Le biologiste catalan qui dirige le  » LAB » a beaucoup travailler pour essayer de comprendre les collisions de plus en plus fréquentes entre cachalots et bateaux. Les cétacés ne sont plus capable de reconnaître un navire qui approche. Soit ils sont déjà sourds, soit ils ne peuvent déjà plus distinguer quoi que ce soit, dans le tintamarre ambiant.
Le « LAB » à mis en place un étonnant rideau à bulles capable de confiner le bruits par exemple aux abords de grands ports ou encore des plateformes off shore.
La pollutions sonore est la moins connue et la moins contrôlée de toutes les pollutions qui affectent le milieu marin alors que c’set une des plus graves en terme de répercutions sur la faune. Les baleines frange de l’atlantique nord sont ainsi menacées de disparation notamment à cause du bruit subaquatique.
Le niveau sonore de nos bruits sous marins ne cessant de croître les cétacés pourraient disparaître. selon les chercheurs, même les poissons commencent à en souffrir

Yves blanc – la planète bleue – retranscrit par Jorge Canete.

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